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Voici le début du discours tenu par Marie-Aude Murail le 28 octobre 2009 au centre culturel Jean-Marie Tjibaou lors de la remise du prix BCI Livre, mon ami.
« Dès le lendemain de mon arrivée à Nouméa, on m’a demandé mes impressions sur la Nouvelle-Calédonie… Voilà dix jours que je circule, que je regarde, que j’écoute, et ma conclusion, c’est celle-ci : je suis épatée. Épatée par les CM2 d’Adrienne Lomont qui ont ponctué de rires ma lecture à haute voix, par les collégiens de Yaté qui m’attendaient en chansons, par ceux du collège Louise Michel de Païta qui avaient décidé d’adopter des mots en V, vital, valeur, vocation, vif-argent et n’oublions pas : voter, qui m’ont écrit des cartes postales timbrées à leur effigie pour m’inciter à voir le phare Amédée (c’est fait) et le centre culturel Tjibaou (m’y voici). J’ai été épatée, oui, par les 6èmes du collège Ste Marie de Païta qui avaient mis en scène chacun de mes pas, colliers à l’arrivée, danses mélanésiennes par des garçons plus virils que ça y a pas (les gloussements des filles en témoignaient), poème en acrostiche sur mon nom, pièce des théâtre et cadeaux d’adieu, à peine si on m’a laissé le temps de faire mon job.
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À Ouvéa, dos à l’église, face à la mer, j’ai vécu un moment magique. Quelque 150 jeunes ont transformé mon petit 22 ! en bande dessinée, en danse sur le V, en poème aux allures de slam : « Passer ou trépasser ? Nous préférons outrepasser, car vivre sans une lettre de l’alphabet, c’est effacer aux mots toute leur beauté ». À Koné, j’avais du courrier : « Je m’appelle Boris Guichard et j’ai 11 ans, j’ai adoré votre livre Dinky rouge sang, je l’ai lu en une soirée, j’étais littéralement absorbé. Et j’ai tellement aimé votre livre que cela m’a donné envie d’être écrivain, je crois que ça demande beaucoup de travail mais donne aussi beaucoup de plaisir. » Boris, je te dirai ce que m’a dit un jour mon prof de faculté : « J’attends de trouver tes livres en librairie ». À Népoui, la documentaliste avait trouvé comment associer les plus grands à l’opération Livre mon ami, car ce sont
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les 5èmes qui ont donné la comédie aux plus jeunes en mettant en scène la SPMM, la société protectrice des mots et des métiers. Et puis il y a eu les petits CM2 de Népoui. Je me suis crue dans une classe Freinet où chaque gosse sait ce qu’il a à faire, parle en te regardant dans les yeux, chante en sachant placer sa voix, lit en mettant le ton. En entrant dans cette classe, j’ai eu le temps de happer sur le tableau noir la leçon du matin. Voix active, voix passive. Je leur ai dit :
- Les enfants de Népoui ont accueilli Marie-Aude Murail. Mettez-moi ça à la voix passive.
Et eux au quart de tour :
- Marie-Aude Murail a été accueillie par les enfants de Népoui. [...]
Consultez la totalité du discours de Marie-Aude Murail sur notre blog-info |
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