sept 01

 Comment recevoir l’auteur 

 Le projet d’accueil précisera en outre, le nom de la personne responsable, le temps de présence de l’auteur, le style de rencontre prévu.
Le nombre d’élèves réunis lors de la rencontre avec l’auteur devra être limité à 2 classes, afin de permettre des échanges plus fructueux. Pour réussir l’accueil de l’auteur, pensez à centrer la rencontre sur son livre, la lecture, l’écriture, tout en conservant un côté festif, pour un vrai moment de plaisir et de partage.

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   Quel style de rencontre avec l’auteur ? Quelques exemples…

 

§  Ateliers d’écriture – textes de l’auteur réécrits par les élèves (pour les ateliers d’écriture il est recommandé de prendre contact avec l’auteur, par mèl si possible, avant son arrivée)

§  Lecture de textes par l’auteur et par les élèves – suivi d’un débat

§  Théâtre, chant, mimes en rapport avec le livre primé

§  Productions d’arts plastiques

§  Enregistrements vidéo : clip

§  Interview de l’auteur : jouer au journaliste (centrer les questions sur le livre primé, la lecture, l’écriture)

§  Portrait robot de l’auteur

§  Bandes dessinées

§  Illustrations d’un passage du livre – changer la couverture du livre

   Visite commentée par les enfants sur l’environnement ou d’un site particulier proche  de l’école ou du collèg

 

 Les déplacements de l’auteur en avion dans l’intérieur et les Iles seront à la charge de l’association « Livre, mon ami ». Un membre du bureau de l’association accompagnera l’auteur dans ses déplacements.

 

 

 

 


août 30

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L’art de la déduction,

C’était au cours de ma dernière année d’enseignement. J’allais bientôt prendre ma retraite. Voilà trente ans que j’exerçais au Collège de la Rivière Salée. J’étais déjà présent à l’ouverture du Collège en mars 1976, et il m’arrivait de raconter aux nouveaux de 6e, qu’un jour, je m’étais mis à l’emplacement de la salle 122 et que l’on avait construit le collège autour de moi.

C’est dire que j’y avais vu passé deux générations d’élèves et la majorité de mes derniers collégiens étaient les enfants de mes premiers. C’est dire que j’en avais vu des fautes, des erreurs, des oublis et que j’en avais entendu des profs se gausser des perles innombrables qu’ils rencontraient. J’ai dû moi aussi, en salle des profs ou en salle de corrections d’examens, mêler ma voix au concert des rires et des moqueries, mais je n’aimais pas cet exercice de pouvoir, de facile supériorité, simplement j’étais déjà assez marginal comme cela. Aussi ai-je rarement noté ou fait état des « perles » de mes élèves. Je préférais faire état de leur inventivité, de leur sensibilité, de leur créativité même et j’allais dire surtout lorsqu’elles ne s’exprimaient pas dans un français académique.

Ce jour-là donc, c’était en 5e, en cours d’éducation civique et nous traitions de la solidarité dans la société. J’avais apporté en document une feuille de déclaration d’impôt où figuraient les noms des « œuvres et organismes agréés » à recevoir des dons déductibles des revenus.

Je souhaitais me rendre compte de la connaissance qu’avaient les élèves des différentes associations caritatives mais aussi de leurs activités. J’espérais à partir d’exemples concrets ou de sigles entendus à la télévision ou dans les conversations les amener à réfléchir sur les divers domaines où pouvait s’exercer la solidarité.

Et leurs connaissances étaient surprenantes. Il faut dire que dans ce quartier de la Rivière Salée, le taux de bas salaires ou de chômage était élevé et que l’environnement social avait permis de classer le Collège en ZEP, en zone d’éducation prioritaire.

Aussi à mes interrogations sur les activités d’associations ou sur leurs sigles, les réponses fusaient-elles :

  • - Association AVEC?
  • - Evacués sanitaires sur l’Australie Monsieur.
  • - ACH?
  • - Pour les handicapés Monsieur.
  • - ACAPA?
  • - Pour les vieux.
  • - Mais non toi, dis bien, pour les personnes âgées, hein Monsieur!
  • - Ben oui pour les vieux, comme vous bientôt Monsieur!

Et la classe d’éclater de rire.

  • - Voilà! Cassé Monsieur.

Les effets de Brice de Nice ! Chacun ses référents.

Je poursuivais donc par le Secours catholique, la Croix rouge, Saint-Vincent de Paul, les Petites sœurs des pauvres…  Ils avaient réponse à tout.

  • - L’Association Valentin Haüy?

Un silence et des regards interrogatifs suivirent ma question. Puis des murmures dubitatifs :

  • - C’est quoi ça. Il parle de quoi. Ya pas ça.

Personne ne répondait, même pas Morane, la meilleure élève de la classe. Comme d’habitude, elle était dans son monde, un monde dont elle daignait descendre de temps en temps quand elle estimait que le sujet en valait la peine. Selon les jours, elle entreprenait cette démarche en conservant un regard rêveur qui planait au-dessus des choses et des êtres ou au contraire avec une agressivité certaine. Je faisais avec car ses remarques étaient souvent aussi pertinentes qu’impertinentes et sa soif de savoir jamais étanchée.

Personne ne parlant, c’était à elle d’intervenir. Il en allait de son statut et d’ailleurs tout le monde comptait sur elle. Morane doit savoir. Elle prit donc la parole :

 - Valentin, Valentin réfléchissait-elle tout haut, cela a peut-être quelque chose à voir avec la Saint-Valentin… Ce doit être l’association qui s’occupe des personnes victimes des chagrins d’amour.

 Que pouvais-je répondre, je m’évertuais à leur apprendre les vertus de la déduction, alors je lui dis :

 - Vous avez certainement raison Mademoiselle, l’amour rend aveugle.

Ce texte est dédié à toutes les personnes qui oeuvrent dans l’association Valentin Haüy et en faveur des non-voyants


août 30

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Mesdames et Messieurs, Chers amis,

Si je reçois cet honneur ce soir, c’est d’abord et avant tout pour rendre hommage à toutes celles et à tous ceux qui ont rendu possible ma présence ici. Je souhaite donc dédier cet insigne à cette longue liste d’hommes et de femmes, au premier rang desquels je place ma famille, mes parents, mon père disparu, ma mère qui, la première, m’apprit à relier les lettres aux lettres et les êtres aux êtres, mais aussi à tous ces professeurs, à tous ces auteurs, à toutes ces rencontres qui m’ont nourri, aidé, inspiré. Il est plusieurs façons de naître puis de grandir. Lire et écrire en font partie.

Je souhaite aussi dédier cette médaille à la Maison du Livre de la Nouvelle-Calédonie, ainsi qu’à cette terre qui m’a tant donné, à son peuple qui m’a toujours aimé, respecté, accueilli. Je n’oublie pas non plus tout ce que ma famille paternelle, allemande d’origine, française depuis un siècle et plus, doit à la France, celle de Verlaine et d’Hugo, celle de Waya Gorodé et de Raymond Lacroix, celle d’Apollinaire Anova et de Jean Mariotti, - pas celle des bagnes ni de l’Oubli.

 Alors que je suis là debout à vous regarder, il me revient en un éclair le souvenir de mon premier livre, lu à cinq ans, d’un trait, comme un défi. Mémoires d’un âne. Vous souriez… et vous avez raison ! Il va de soi que cette lecture était, à bien des titres, prémonitoire ! Car, à vous voir résumer mon parcours, Monsieur le haut-commissaire, je ressens comme une étrange impression de dédoublement. Cette vie est-elle vraiment la mienne ? N’aurais-je pas pu la vivre autrement ? Prendre un autre chemin ? Consacrer mes forces à autre chose ou à quelqu’un ?

 Oui, peut-être, mais une petite voix me souffle que cette identité, mieux cette fraternité, que j’ai tant cherchée, n’était pas dans l’affirmation de ma différence. Elle était bien dans le choix de la respiration et de l’action pour témoigner de la beauté du monde, pour que, pas à pas, l’écoute finisse par effacer le mépris.

 Les mots n’ont pas ce pouvoir, nous dit-on. Cet arc de sang qu’on appelle un texte, rien ne sert de le tendre. Pourtant, certains mots volent au-devant de nous et, l’espace d’un battement de cils, nous libèrent de la misère et de la peur. Certains nous permettent de comprendre. Comprendre. Prendre avec soi jusqu’au frisson, pour pouvoir ensemble, entre la terre noire et le rêve, ouvrir les mains, voir et nous voir. Parfois, au cœur du tumulte, se crée assez de silence pour entendre ce qui n’est pas dit. Alors tout devient possible : la vie prend du sens et, de toutes parts, la lumière jaillit.

N’est-ce pas là, justement, le pari de tout art et de toute littérature : se rencontrer enfin, au bord du monde, au bord des mots, au bord des livres, pour que le savoir remplace l’ignorance et la joie du partage le goût de la domination ?

Et si mes mots ressemblent à la vie,

S’ils ont à voir avec la Justice,

S’ils ont à voir avec le bonheur,

S’ils savent semer et sourire,

Tel un navire qui sait réunir les rives,

Alors seulement, j’aurai réussi.

 Je vous remercie.

 Frédéric Ohlen


fév 03

Les incriptions à l’opération Livre, mon ami se font sur volontariat des professeurs, instituteurs, documentalistes et bibliothécaires.

Les demandes doivent être adressées à l’association Livre, mon ami - BP 15432 - 98804 - Nouméa Cédex, le dernier  délai est fixé au vendredi 19 mars 2010. Pour tous renseignements complémentaires n’hésitez pas à contacter Jenny au : 27 87 86.

Les classes et les bibliothèques inscrites s’engagent à faire participer les élèves qui devront :

- lire les dix ouvrages de la sélection de mars à août et échanger durant le même temps autour de leurs lectures ;

- choisir le livre qui les passionne et effectuer un classement des 10 ouvrages en fonction de l’intérêt qu’ils ont pris à leurs lectures ;

- nommer un élève délégué chargé d’exprimer les choix de ses camarades lors du scrutin territorial, le  mercredi 25 août 2010.

Télécharger et imprimer :

le Bulletin d’adhésion

la Fiche d’inscription